dimanche 18 février 2018

Eté

l’orage d’été a éclaté
dans la nuit violacée s’est joué
l’envol dansé des lucioles

samedi 17 février 2018

Train 4467

e pericoloso sporgersi
le skaï corail me
colle aux fesses
Macon deux minutes
d’arrêt
la femme au chignon
monte
elle est sévère et
ses cuisses sont rondes
défilent les arbres et les
champs et les
collines
Dijon deux minutes
d’arrêt
le vieux et le bidasse
s’en vont
elle me regarde enfin et
me dit dans un
silencieux sourire
petit garçon je t’aimerais
bien
si tu étais un
vrai marin
en dédommagement de
ma souffrance et mon
humiliation
elle consent à me laisser
regarder sa gorge blanche
piquetée de rousses étoiles et
la naissance du sein
délicate invitation
au voyage
feint-elle l’endormissement
je ne sais
mais je crois non
c’est un rêve voir
la dentelle sous la jupe
de soie sombre
touk-ou-tik-i-touk
le long train entre
en gare
s’épuise et puis
meurt
terminus
tout le monde descend

dimanche 11 février 2018

La répétition

Le premier été
fut aussi
le dernier
je ne vis désormais
plus que de
pâles simulacres

samedi 27 janvier 2018

Canari

La barrière de 
falaises
n'accueille pas les 
marins égarés
elle est un 
refuge
pour les âmes
perdues

Omnia vanitas

Un pétale
d’ambre volette
avec grâce et
une infinie
légèreté
se pose sur mon 
corps

mort

dimanche 3 décembre 2017

L'abîme

Sous quel abîme s’engloutir
au son des ressacs sombre
présage d’un rivage
roches de glace et de basalte
dont même les oiseaux aux larges
ailes blanches
ne veulent pas
inhospitalière croute terrestre
qui condamne à 
l’errance éternelle

mercredi 8 novembre 2017

L’hygiène des villes

Les villes se lavent de siècles de rats et de choléra, elles se modernisent, elles font peau neuve. Elles interdisent dorénavant leurs portes aux cirques, aux forains, au diesel. Alors je regrette déjà les vieux tacots brinquebalants et fumants, hoquetant et mourant dans un dernier soubresaut de leur mécanique épuisée. Tant de tour du monde entre Paris et Vierzon. Je me dis que jamais plus je ne verrai de marchands de gaufres grasses dégoulinantes de Nutella®, de guichetiers aux doigts sales et râpés, les ongles cassés-noircis-rongés, de rabatteurs aux voix criardes et nasillardes, il est beau mon manège, sensations garanties. Adieu aussi les chapiteaux rouges et jaunes, les camions si longs avec leurs remorques qu’on les prend pour des trains en mieux. Et les costauds torse nu, muscles saillants, un maillet à la main, la clope au bec. Adieu les bruits, les odeurs d’huile, de fumier, de sueur, de poussière, la crasse des cages aux fauves tristes et apathiques. Ours mal léchés, lions neurasthéniques, les mouches collées aux naseaux, des escarres aux pattes, un vieux bout de barbaque qui sèche au soleil. Pauvres bêtes, pauvre monde, simplement, imparfaitement humain, tout doit disparaître ! Place aux plages parisiennes, aux journées du patrimoine, aux rénovations urbaines.